Bénédicte Heim
Les Contrebandiers éditeurs, janvier 2005, 15 €
« Adoremus », c’est le nouveau livre de Bénédicte Heim qui, toujours dans les sentiments déferlants, toujours dans l’analyse non réfrénée, toujours dans l’écriture débridée, ose. Elle ose ce que tous les amants rêvent : l’écriture de leur amour, la légende dialoguée de leur histoire. Elle et lui, d’elle à lui et de lui à elle, se racontent leur être d’avant, pendant, après la rencontre. Son appel, à lui « je crois que je manque un peu d’amour », sur lequel elle se jette à corps perdu. Corps jeté à un amant qui la rudoie et qui, épaté par sa première écoute à elle va la gorger de ses paroles et de son auto-définition en tant qu’être humain. La vérité, c’est que cet homme est à peine en train de prendre naissance, pleinement, dans cette rencontre là. Et la modèle elle aussi dans son âme, son corps, ses réactions ou acceptations, et dans leur transformation mutuelle.
La parole alors, est à la fois historique (un récit d’amour) et performatrice. Ils se l’échangent, se citent, se récitent, se renvoient la balle, du face à face à la fusion, de la déferlante aux peurs et aux méprises. Toute une histoire qui se dit avec la franchise que permet l’intimité complice de la grande passion, et sans jamais tomber dans l’indécence. Des mots qui foncent, qui roulent, qui défient les tabous, qui iront jusqu’au bout : la construction de deux êtres qui s’épanouissent dans un amour.
Hélène
Voir d’autres critiques de ses livres et une bibliographie sur la présentation de la rencontre avec Bénédicte Heim et son éditeur qui a lieu en été 2005 à la librairie Le Feu Rouge.
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