Alice Lorenzi
La Cinquième couche, 2005, 22 €
Heures de verre, très riches heures ? Riches, fines, mais aussi fragiles que le verre, au fond, aussi saignantes qu’un coeur à vif. Avant tout, Les heures de verre s’offre dans un dessin noir et blanc splendide. Avant tout, il se lit comme un calendrier : on tourne les pages de bas en haut, pour une lecture cursive horizontale.
Ces heures là nous plongent donc dans un délicat choc esthétique, pour des histoires peuplées de jeunes femmes aux courbes à la Bosch, à l’air double, doux et rusé. Des histoires d’amour – presque, de bonheur qui blesse quand il vous tombe dessus, dans un univers onirique. Onirique ? à regarder de plus près ces entrelacs végétaux qui ornent les cases tel un papier peint ou une écriture végétale, on passerait du rêve à l’hôpital. C’est si délicat pourtant.
Vous avez mal, là ? Aux sentiments ? La fille de verre peut s’occuper de vous. Une ablation d’organe, ça peut être très joli. « Ne vous en faites pas, ça repousse ». On ne s’en fait pas. Ça picote un peu, mais on le relit avec délices.
Hélène
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