Otto T et Grégory Jarry,
Editions Flblb, 13 €
Voir au catalogue le titre Petite histoire des colonies françaises, tome 1 : L’Amérique française sur notre site web
Ces derniers temps, le sujet encore douloureux (pour ne pas dire sensible ou saignant) de la colonisation et de la décolonisation françaises revient souvent sur le tapis. Il est temps pour tout un chacun de se réapproprier cette part de la mémoire collective relative aux (més)aventures coloniales françaises. Et pour cela, avant de s’attarder sur chaque zone polémique, d’en avoir une vue d’ensemble et donc d’en revenir aux faits, simplement. Et parce que cette histoire ne concerne pas seulement les chercheurs, les politiques ou les investisseurs, Otto T et Grégory Jarry ont eu la bonne idée de la relater d’une façon aussi exacte qu’accessible. Comment ? En textes brefs et incisifs (on reconnaît le Grégory Jarry des photobiographies de l’Os du gigot mais aussi de Petite histoire du Grand Texas) et en dessins toniques et décisifs (on reconnaît le Otto T du Bonhomme au chapeau et de, tiens donc, Petite Histoire du grand Texas, parus tous deux chez Flblb).
En son temps (qui dure encore) Cavanna popularisait l’épopée napoléonienne, Cro Magnon et d’autres. Otto T et Grégory Jarry, pour les débuts de la colonisation, remontent à Guillaume le Conquérant. Après, c’est le début de la rivalité franco-anglaise, et de Jean Ribault à La Fayette, ça va se bousculer pour enseigner les aspects positifs de l’autre côté de l’Atlantique. Après 1804, date de l’indépendance d’Haïti, la France ira enseigner ailleurs, mais nous verrons ça dans des prochains volumes. En attendant, c’est le Général de Gaulle qui raconte, comme dans les spectacles de Robert Hossein, et on le lit bouche bée, car tant d’impertinence lui va bien au teint.
Un livre qui n’est pas seulement un livre d’humour, et que l’on garde sous le coude pour se rappeler quand eut lieu la guerre de 100 ans, et qui s’y opposait à qui. Ou pour savourer les gags méchants sur la Tour de Nesle ou la déco des maisons coloniales. Et ça fait du bien d’en rire, car on peut enfin en parler.
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