Plus ou moins... Le printemps

Plus ou moins... Le printemps

Peggy Adam
Editions Atrabile, 2005

C’est quoi, le printemps ? C’est l’appétit qui revient, le temps qui change en restant changeant, les flâneries à la merci d’une giboulée... C’est l’époque où on est à l’affut, de ses envies, des autres, des bizarreries de la vie. Décider sur un coup de tête, ou se laisser porter par le vent. A entendre Marie, une des héroïnes du livre de Peggy Adam, tomber enceinte, ça veut forcément dire avoir un enfant. « Youhou, de Beauvoir, Veil, La libération de la femme, le droit à l’avortement, ça te dit quelque chose ? » lui rappelle sa copine Véra. Oui, mais si on ne veut pas se laisser circonscrire par ses sentiments, on décide de quoi, on décide comment ?

C’est plus ou moins ça, et les amours au printemps suivent ce cours, un peu papillonnant. Marie est avec Paul, elle ne veut pas d’enfant mais veut bien Paul, sauf lorsqu’elle réalise qu’il rêve de rejoindre ses amis à Paris, peut-être sans elle. Alors, elle n’est plus si indifférente au bel hidalgo Joâo. Il a déjà séduit Véra, mais Véra croque tant de jeunes gens... C’est son tempérament. Pourtant il n’y a pas que ces deux-là dans la vie de Joao, et l’affriolante Josie n’est pas sa maman.

Pour dessiner tout ce petit monde, plus proche du cinéma d’auteur (on pense à La Nouvelle Eve) que des sitcoms, Peggy Adam, découverte déjà dans la littérature Jeunesse et dans la presse, trace un trait noir tonique, rehaussé de orange. A la mode, le orange ? C’est surtout une couleur qui convient autant au crépuscule qu’aux sunlights des soirées, aux ambiances de cuisine et à la lumière tamisée, une couleur dont le piquant va très bien aux minois froncés des minettes de Peggy Adam. Rusées, vachardes, avec quelques sursauts de naïveté. Lucides, mais réclamant leur part de bonheur, pas seulement de plaisir, et s’il était possible de tout avoir en choisissant le moins possible... Ça serait moins le printemps, alors.

Peggy Adam maîtrise son graphisme, impeccable, séduisant, mais non dénué de ce caractère qui retient le lecteur ; chaque page apporte son piquant, comme la ronde d’Ophuls, ou les Liaisons Dangereuses que lit la plantureuse Véra sur son Sopha. Un livre qui laisse sur des envies d’aventures, de traits d’esprit et nous laisse attendre la suite, au rythme des saisons : plus ou moins... L’été sortira prochainement, aux mêmes éditions Atrabile.

Hélène

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