Blog

Articles publiés en 2018

Le deuxième des Voyages en Egypte de Belzoni est en librai­ries, la publi­ca­tion sur Média­part se pour­suit !

Le jour­nal de Giam­bat­tista Belzoni est une des premières réfé­rences en Egyp­to­lo­gie. Grégory Jarry, Nicole Auge­rau et Lucie Castel (au dessin) l’adaptent en bande dessi­née. Le deuxième des trois Voyages en Egypte et en Nubie de Giam­bat­tista Belzoni paraît ce 20 septembre en librai­ries. En paral­lèle, il est en prépu­bli­ca­tion sur Média­part, en accès et licences libres. Lisez, parta­gez ! Le 4ème épisode est publié ce jour.

 

Rien ne prédes­ti­nait Giam­bat­tista Belzoni (1778– 1823) à deve­nir le pion­ner de l’égyp­to­lo­gie. Né à Padoue, il émigre en Angle­terre pour fuir l’in­va­sion napo­léo­nienne de l’Ita­lie. Là, ce géant de 2 mètres exhibe sa muscu­la­ture dans un théâtre et fait la connais­sance de Sarah Banes, femme-girafe, qui devien­dra sa femme. Belzoni sera le premier à rentrer dans le temple d’Abou Simbel, décou­vrira des tombes royales de première impor­tance et ouvrira la pyra­mide de Khephren à Gizeh, 600 ans après le fils de Sala­din. Dessi­na­teur, Belzoni orga­ni­sera plusieurs expo­si­tions à Londres et Paris, qui enthou­sias­me­ront Cham­pol­lion. Dans son jour­nal de voyage palpi­tant, il s’at­tache moins à décrire ses décou­vertes que ses rela­tions avec toute une gale­rie de person­nages hauts en couleurs, pacha, cacheff et caïma­kan, paysans, inter­prètes, et ce coquin de consul de France Bernar­dino Drovetti, furieu­se­ment jaloux de la chance et des intui­tions de Belzoni, et qui fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.

En 2017, Grégory Jarry scéna­rise le jour­nal de Giam­bat­tista, Nicole Auge­reau celui de Sarah, et Lucie Castel dessine le tout. Le premier volet de ces aven­tures, paru en novembre 2017, sélec­tion offi­cielle du festi­val d’An­gou­lême, a été prépu­blié sur Média­part, par épisodes, toujours acces­sibles et parta­geables au format pdf. Le 2ème volet des Voyages de Belzoni raconte notam­ment l’en­trée de Belzoni dans le temple d’Abou Simbel, et la façon dont il parvient à entrer dans la pyra­mide de Khéphren, sur fond de riva­lité franco-anglaise exacer­bée. Pendant ce temps, Sarah voyage seule, le plus souvent, et entre­prend un voyage en Pales­tine, avec l’es­poir de péné­trer dans le temple de Salo­mon, inter­dit aux femmes.

Le livre sort ce 20 septembre dans toutes les librai­ries de France, Suisse, Belgique.

Deuxième opus des Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni en librairies le 20 septembre

La publi­ca­tion en épisodes se pour­suit sur le Club de Média­part : Voyages en Égypte et en Nubie de Giam­­bat­­tista Belzoni, deuxième voyage

Les auteurs se rendront en librai­ries et festi­val pour évoquer ce travail. Ci-dessous, un agenda à jour.

 

Agenda :

 

21–22–23 septembre à Bruxelles

Lucie Castel, Maxime Jeune et Camille Alba­ret seront au stand FLBLB du festi­val Cultures maison

 

11 octobre à Paris

Lucie Castel dédi­cace le tome 2 des Voyages de Giam­bat­tista Belzoni à la librai­rie La Rubrique à Bulles (paris 11eme)

 

 12 – 13 – 14 octobre à Saint-Malo

Retrou­vez Lucie Castel, Robin Cousin et Otto T. au stand FLBLB du festi­val Quai des bulles

 

25 octobre à Bruxelles

Lucie Castel en dédi­cace à la librai­rie Multi BD

 

1er au 3 novembre au Caire (Egypte)

Lucie Castel, Grégory Jarry et Nicole Auge­reau sont invi­tés au festi­val Cairo­co­mix pour présen­ter les Voyages de Belzoni.

 

16 – 17 – 18 novembre à Colo­miers

Lucie Castel, Otto T., Robin Cousin, Léo Louis-Honoré, Zelda pres­si­gout, Alexandre Gérau­die, Guillaume Heur­tault seront au festi­val BD Colo­miers !

 

23 novembre à Lyon

Rencontre dédi­cace avec Lucie Castel à propos des Voyages de Belzoni à la Librai­rie Rive Gauche (69007)

 

24 – 25 novembre à Chau­mont

Lucie Castel dédi­ca­cera les Voyages de Belzoni et parti­ci­pera à une table ronde sur la BD repor­tage et le projet docu­men­taire « Réfu­giés » sur Arte lors du salon du livre de Chau­mont

 

2018, année roman-photo

Une expo­si­tion au Mucem, une tribune de Grégory Jarry dans Le Monde, des roman-photos qui débarquent en librai­rie chez divers éditeurs… On l’es­pé­rait, ça se confirme : en 2018 ce mode d’ex­pres­sion oublié sort de l’ombre. Il est temps de faire un point sur la place du roman-photo dans le cata­logue des éditions FLBLB.

LE ROMAN-PHOTO AUX ÉDITIONS FLBLB

La genèse des éditions FLBLB

Avant d’être une maison d’édi­tion, FLBLB a d’abord été un fanzine publié par une bande d’étu­diants (entre autres Otto T., Grégory Jarry et Rémi Lucas), qui se rencontrent en 1996 dans un festi­val de cinéma. Ils se découvrent un goût commun pour l’hu­mour, les films d’au­teurs et Hara-kiri. Dans FLBLB, on publie de la bande dessi­née, mais aussi des détour­ne­ments de vieux Chas­seur français, Système D ou des BD de gare, égale­ment du roman-photo.

En janvier 2002, le numéro 14 est un spécial roman-photo, tous les auteurs qui parti­cipent régu­liè­re­ment s’y mettent et on réédite au passage une histoire de Gébé parue dans Hara Kiri.

Un moyen d’ex­pres­sion, une variété de genres

En 2003, Loïc Néhou, éditeur d’Ego comme x, propose à Grégory Jarry de publier un recueil de ses histoires en roman-photo préa­la­ble­ment parues dans la revue Flblb : ce sera L’Os du gigot, qui rassemble des récits plus ou moins auto­bio­gra­phiques. On y sent l’in­fluence de Gens de France, de Jean Teulé.

En 2005, Otto T publie Le Bonhomme au chapeau, récit muet qui s’ap­puie sur une diver­sité de styles graphiques, incluant le roman-photo.

En 2007, Grégory Jarry ouvre un blog sur lequel il publie quoti­dien­ne­ment une page de roman-photo sur le thème des élec­tions prési­den­tielles. Ce travail va abou­tir à Savoir pour qui voter est impor­tant, dans lequel il tire à boulets rouges sur le système élec­to­ral et son trai­te­ment média­tique.

La fabrique de roman-photos

Le roman-photo se prête faci­le­ment au travail en ateliers, y compris avec des enfants. Les Maqui­sards du Poirier recueille ainsi les repor­tages photo­gra­phiques collec­tés par les écoliers de Monten­boeuf auprès des vieux du village, tandis que Pas pareil ! laisse la parole aux élèves de CP de deux écoles poite­vines, qui parlent de ces petites diffé­rences qui démangent parfois. Des roman-photos par les enfants, pour les enfants (mais pas que), toujours dispo­nibles en librai­rie.

Grégory Jarry inter­vient aussi plusieurs années de suite auprès d’étu­diants en bande dessi­née de l’école de l’image d’An­gou­lême pour un work­shop « roman-photo ». Le résul­tat est fina­le­ment publié en librai­rie sous le titre Fort en moto. Plusieurs auteurs rencon­trés lors de ces ateliers publie­ront par la suite des livres chez FLBLB (Robin Cousin, Léo Louis-Honoré, Daniel Selig, Alexandre Gérau­die, Lisa Lugrin, Clément Xavier, Maxime Jeune). Certains, Comme Lisa Lugrin et Clément Xavier (Yékini le roi des arènes) ou Alexandre Gérau­die (Les trois jours qui ont changé le monde, Du Pain et des chats) n’hé­sitent pas à inclure des séquences de roman-photo au sein de BD dessi­nées à la main.

Petite et grande histoire en roman-photo

En 2013, nous rece­vons un projet de Benoit Vidal, qui retrace un siècle d’his­toire de France à travers la vie d’une petite bonne au destin digne de Victor Hugo : Pauline à Paris. Benoit Vidal écume les archives, photo­gra­phie, découpe et colle au fil d’un récit à double fond et double voix. Pauline a Paris reçoit un très bon accueil critique, notam­ment par l’émis­sion de France Culture « La Fabrique de l’his­toire », qui salue la démarche d’his­to­rien de son auteur et comme la forme du livre.

Des roman-photos d’avant ou d’ailleurs

En 2010, FLBLB réédite des roman-photos réali­sés par Gébé et Lépi­nay et parus dans Hara-Kiri entre 1962 et 1966 : Malheur à qui me dessi­nera des mous­taches. On y retrouve l’hu­mour jovial de Gébé, de belles petites pépées, et les premières appa­ri­tions du profes­seur Choron.

En 2018, nous réédi­tons Bloody Mary, adap­ta­tion de Jean Teulé du roman de Jean Vautrin, (grand prix de la critique 1984 au festi­val d’An­gou­lême). Roman-photo ou bande dessi­née ? Jean Teulé retra­vaillait ses photos à la photo­co­pieuse, puis Zazou lettrait et mettait en couleurs. Ça ressemble à de la bande dessi­née, mais c’est tiré d’un tour­nage.

Nous avons égale­ment publié Ype Dries­sen, auteur des Pays-Bas, qui produit, depuis une dizaine d’an­nées, des strips quoti­diens sur son site web. Les roman-photos d’Ype Dries­sen ont fait l’objet de plusieurs antho­lo­gies dans son pays, où il a égale­ment tenu une rubrique pour la télé­vi­sion. En 2013 nous sortons une sélec­tion de strips sur sa vie de couple, tirés de la série Yves et Guillaume (en VO : Ype + Willem) : Homme sweet homme, et Un gars et un gars.

Mani­feste et apoca­lypse

Parmi les nombreux manus­crits qui nous arrivent, les projets de roman-photos sont encore trop rares. Grégory Jarry écrit en 2015 un mani­feste : Debout le roman-photo ! Un texte qui fait le point à la fois sur une écono­mie du livre dans laquelle coha­bitent travail d’au­teur et produc­tion indus­trielle, et lance un appel : « Vite ! Tous les auteurs dans la rue ! Le monde réel, en roman-photo! »

Ce mani­feste nous vaut de rencon­trer Amélie Laval, qui va faire pour FLBLB son premier roman-photo, publié en février 2018 : le Syndi­­cat des algues brunes. Tourné à Marseille, avec des effets spéciaux faits mains, c’est « un roman-photo de science-fiction, écolo­giste et paro­dique, qui pour­suit la construc­tion d’un mani­feste poétique pour ce genre oublié. » (nonfic­tion.fr)

Dans Ça va pas durer long­­temps mais ça va faire très mal Grégory Jarry construit joyeu­se­ment un récit apoca­lyp­tique et d’an­ti­ci­pa­tion qui met en scène une média­trice de la Répu­blique et sa famille dans un monde bien­tôt touché par une catas­trophe plané­taire.


Roman-photos à venir chez FLBLB

  • Même le grand soir a commencé petit, par Lisa Lugrin et Clément Xavier
  • Le Monde endormi, de Julie Chapal­laz
  • Contrôle des voya­geurs, de Xavier Cour­teix

Biblio­gra­phie sélec­tive de roman-photos parus récem­ment

Études sur le roman-photo

  • Roman-photo ! , cata­logue de l’ex­po­si­tion présen­tée au MUCEM, sous la direc­tion de Marie-Char­lotte Cala­fat et Frédé­rique Deschamps, éditions Textuel, 2017
  • Le Roman-photo, de Jan Baetens et Clémen­tine Mélois, collec­tion « La petite bédé­thèque des savoirs » Le Lombard, 2018

Événe­ments autour du roman-photo

Le roman-photo va frap­per là où on ne l’at­tend pas

C’est un fait, il y a un grand retour du ­roman-photo. Il s’est publié une dizaine d’al­bums de romans-photos ces douze derniers mois – entre autres : L’Il­lu­sion natio­nale, de Valé­rie Igou­net et Vincent Jarous­seau (Les Arènes, 2017) ; Mon voisin Brad Pitt, de Lisa Lugrin et Clément Xavier (NA Éditions, 2017) ; Le Syndi­cat des algues brunes, d’Amé­lie Laval (FLBLB, 240 p., 25 euros). Ça peut paraître peu, mais c’est presque autant que toute la produc­tion des quarante années passées. Atten­tion, il faut savoir de quoi on parle quand on dit roman-photo. On parle d’un moyen d’ex­pres­sion et non d’un genre. On parle de quelque chose d’équi­valent, pour le cinéma, à la bande dessi­née. Oserais-je dire qu’on parle d’un art ? Un art qui aurait, jusqu’à présent et pour des raisons basse­ment mercan­tiles, été corseté par un genre : l’eau de rose.

L’eau de rose en roman-photo, c’est à vous dégoû­ter de l’amour. La plupart du temps, c’est indus­triel, la chair n’a pas de saveur, les os se délitent, de la vraie flotte. Alors oui, on met le roman-photo au musée, on rigole de ces filles jeunes et fardées dans les bras de ces messieurs plus âgés et en imper­méable. On aime­rait bien que ce soit plus que ça, mais hélas, ce n’est pas plus que ça, et c’est même moins que ça, car ça occulte ce qu’il y a de plus inté­res­sant dans le roman-photo : le roman-photo lui-même, un moyen d’ex­pres­sion formi­da­ble­ment sous-exploité, qui n’a pas encore rencon­tré son Chaplin, son Hergé. Un moyen d’ex­pres­sion qui utilise la puis­sance du langage de la bande dessi­née. Un moyen d’ex­pres­sion qui a besoin du réel, d’un tour­nage, d’ac­teurs, à l’ins­tar du cinéma. Mais un moyen d’ex­pres­sion en soi, qui peut dire les choses à sa façon, qui n’a pas besoin de ses cousins pour exis­ter.

Il n’y a aucune raison pour qu’on n’ar­rive pas à produire de grandes œuvres en roman-photo, je dirais même que les prochains auteurs de romans-photos ont toutes les chances de créer des chefs-d’œuvre, comme ce fut le cas pour le cinéma ou la bande dessi­née quasi­ment dès leurs débuts. Car le roman-photo demeure un terri­toire ­immense à ­conqué­rir, et il est quasi­ment inex­ploré. Pas grand monde pour s’y risquer, à part les dix pingouins qui ont publié leur livre l’an dernier. Si on compare aux 5 000 BD qui sortent chaque année, ce n’est pas grand-chose.

Il y a moyen d’exis­ter, peut-être même de se faire un nom. Même sans ça : un roman-photo est passion­nant à réali­ser, et pas si compliqué. Pas de gros moyens tech­niques en œuvre, ni de budget pharao­nique. Un seul ­indi­vidu peut faire un roman-photo, ou une petite équipe. C’est là sa grande force : sa simpli­cité, sa légè­reté, et aussi le fait que l’in­dus­trie ne s’in­té­resse pas à lui, qu’il n’est pas en pleine lumière. Tout cela procure une grande liberté d’ac­tion.

Le roman-photo est un art jeune, radieux, qui a claqué la porte de chez ses parents, ces vieux croû­tons englués dans leurs histoires d’amour à deux balles. Il est allé se planquer dans les sous-bois pour y mener une guérilla, il va surprendre, il va frap­per là où on ne l’at­tend pas, et ses troupes vont gros­sir. Car le roman-photo appelle à lui tout ce que l’époque compte de photo­graphes payés une misère par la presse ou les gazettes muni­ci­pales, de cinéastes qui en ont ras-le-bol de perdre des années à finan­cer leurs films, d’au­teurs de BD qui dessinent labo­rieu­se­ment d’après photo, de graphistes qui bossent lamen­ta­ble­ment dans la pub ou tout simple­ment d’au­then­tiques auteurs de romans-photos qui s’ignorent, ou qui en font sans trop y croire. Il appelle à lui tous les produc­teurs d’images qui ont envie de racon­ter des histoires et qui butent pour le faire, parce que tout est bouché, que les « fils de » occupent les meilleures places, que la surpro­duc­tion tous azimuts fait que rien ne marche sans marke­ting agres­sif ou alors il faut un gros coup de bol.

Vous savez pourquoi l’époque est propice au roman-photo ? Parce que c’est la meilleure chose à faire et qu’on en a marre du reste.

Grégory Jarry, auteur et éditeur de bande dessi­née aux éditions FLBLB

Deux livres FLBLB en lice pour le palma­rès 2018 du FIBD

Les éditions FLBLB sont heureuses de vous annon­cer qu’elles ont deux livres dans la sélec­tion offi­cielle du festi­val d’An­gou­lême 2018.

Si on n’a pas de prix, on fera la gueule pendant un an et les États-Unis vont balan­cer une bombe atomique sur la Corée du Nord. Si on a un prix, on fera la gueule pendant six mois et 90% des animaux sur terre dispa­raî­tront. Si on a deux prix, on sera content et une centrale nucléaire pétera en France.

Chers membres du jury, vous avez notre sort entre vos mains.

En sélec­tion offi­cielle : Voyages en Égypte et en Nubie de Giam­­bat­­tista Belzoni, premier voyage de Grégory Jarry, Lucie Castel et Nicole Auge­reau

En lice pour le Fauve polar : Le Profil de Jean Melville de Robin Cousin